Avrillé-les-Ponceaux
Le nom de cette commune, située au nord-ouest de Langeais, n’apparaît qu’au 18ème siècle, sur la Carte de Cassini. Le toponyme « Avrillé » vient du gallo-romain Apriliacus ou « domaine agricole d’Aprilius (Celui qui est né en avril) », propriété se trouvant à cette époque sur le territoire des Andécaves. D’autres domaines agricoles (villae rusticae) existaient probablement à Quinçay (sud-ouest du bourg), venant de Quinctiacus ou « domaine de Quinctius » et à Verthonay (extrême nord-est), anciennement Vertaunay, venant de Vertiniacus ou « domaine de Vertennus ».
Histoire
La commune de Saint-Symphorien-des-Ponceaux (au nord-est) fut réunie en 1817 à celle d’Avrillé, qui prit alors son nom actuel. Ce toponyme apparaît en 887 sous la forme De Sancto Symphoriano de Porcellis, d’où le nom de Saint-Symphorien-des-Pourseaux en 1479 ; ce n’est qu’au 17ème siècle que ces « pourceaux » deviendront des « ponceaux », sans doute à la demande des paroissiens qui ne voulaient plus être pris pour des porcs !
Le premier seigneur connu du fief d’Avrillé, qui était joint à celui de Gizeux, est André de Doué, cité en 1192. Sa fille, Agnès de Doué épousa vers 1200 Mathieu II de La Jaille, qui devint alors seigneur de ces deux fiefs. Après être revenus en possession de la famille de Doué, les fiefs appartinrent à Hugues VI Du Bellay, suite au mariage de ce dernier avec Aliénor de Doué.
Les seigneurs suivants furent Jean I Du Bellay (1332/1382) puis son fils Hugues VII Du Bellay, né en 1367 et blessé mortellement à Azincourt* en 1415, puis son fils Jean III Du Bellay (mort en 1481), grand chambellan des rois Charles VII et Louis XI puis, le fils aîné de celui-ci Eustache Du Bellay, dit le Solitaire de Gizeux (mort en 1512), chambellan du roi de Sicile René d’Anjou. Notons que cet Eustache Du Bellay était le frère de Louis Du Bellay, père du bien connu cardinal Jean Du Bellay (1498/1560).
Les fiefs eurent ensuite pour seigneurs le fils aîné d’Eustache, René I Du Bellay (mort en 1531), frère d’un Jean Du Bellay (1480/1523), seigneur de Liré et père du célèbre Joachim Du Bellay, puis le fils de René I, François Du Bellay (mort en 1553), gouverneur de Compiègne, puis au fils de celui-ci François Henri Du Bellay (1540/1555).
Ce dernier étant mort à 15 ans et François Du Bellay n’ayant pas d’autres enfants, un autre Eustache Du Bellay (mort en 1565), frère de François et évêque de Paris, hérita de ces fiefs qu’il transmit ensuite à son neveu René II Du Bellay (mort en 1611), fils d’un troisième frère de François, Jacques Du Bellay (mort en 1580), gouverneur de l’Anjou. René II eut pour fils et héritier Martin III Du Bellay (1571/1637), prince d’Yvetot, gouverneur de Normandie et maréchal de camp, père de Charles Du Bellay, mort sans enfant en 1661.
Un autre fief, celui de La Morellerie (ouest du bourg), appelé aussi La Fontaine ou Les Fontenys, appartint longtemps à la famille de Cherbon, peu connue par ailleurs, et en 1640 Samson de Cherbon fut inhumé dans l’église d’Avrillé. En 1940, La Morellerie devint un camp d’internement et le 14 janvier 2008 on posa une stèle sur laquelle on peut lire : « Ici dans ce camp dit de la Morellerie, furent internés des Tsiganes du 6 décembre 1940 au 8 novembre 1941 et des communistes du 1er juillet au 17 novembre 1941 avant d'être transférés dans d'autres camps de la région. Passant, pense à la Liberté, cette Liberté qu’on leur refusa ».
Voir : https://jacques-sigot.blogspot.com/2013/09/le-camp-de-concentration-de-la.html
À voir dans le bourg
Église Saint-Aubin (rue des Tilleuls) : éléments en petit appareil du 11ème siècle dans le mur septentrional, clocher carré du 12ème siècle, chœur à chevet droit du 15ème siècle.
À voir dans l’ancienne commune de Saint-Symphorien (nord-est)
Église Saint-Gilles (10 rue de l’église) : ancienne église de Saint-Symphorien-des-Ponceaux, supprimée et réunie à celle d’Avrillé en 1817 ; nef en petit appareil du 10ème siècle, façade du 12ème siècle, percée d’une porte en plein cintre, clocher mur (dit aussi clocher porche ou clocher pignon ou clocher arcade), comme à Noyers (commune de Nouâtre) avec deux arcades (ou baies). Statues de Sainte Émérance, Saint Flavien, Saint Gilles et Saint Sébastien. Vieux Christ en croix.
La Fontaine Saint-Gilles, à 100 m. au sud-est de l’église, alimente la Roumer ; dite aussi la Source des Poutreaux, c’était une source « miraculeuse » guérissant les coliques et les convulsions ; des pèlerinages s’y rendaient jusque dans les années 1950.
Deux anciens fours à chaux se trouvent près de l’ancien bourg de Saint-Symphorien, l’un construit en 1865 et l’autre en 1907.
Celui de 1865 a fonctionné jusqu’en 1954 et a été partiellement démoli en 1972. Les restes sont actuellement en mauvais état et envahis par la végétation. Pour la dernière fournée, il a été utilisé « 24 m3 de pierre à chaux et 1 100 fagots en branches de sapin ».
Celui de 1907 a fonctionné jusque dans les années 1920. Actuellement en partie ruiné, il est recouvert d’une végétation épineuse et son ouverture est encombrée d’éboulis.
À voir au sud
La Beaugerie (sud-ouest) : cette ancienne propriété de l’abbaye de Fontevraud fut vendue en 1791 comme bien national.
Le Moulin de Parpin (sur la Roumer, au sud-est du bourg) était le moulin banal de la seigneurie d’Avrillé ; il est cité dans des documents de 1488 et 1619 ; détruit en 1740, il fut reconstruit dix ans plus tard et fonctionna jusqu’en 1914. Racheté en 2004, il produit maintenant de l’électricité.